INSTITUT FRANÇAIS DE ZOOTHÉRAPIE
Centre de Formation et de Recherche sur les pratiques de la zoothérapie
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La zoothérapie de A comme animal, à Z comme zoothérapie

Pourquoi utiliser le mot zoothérapie !
Utilisé couramment au Canada, le mot Zoothérapie provient du mot grec "Zoo" qui signifie "animal" et de thérapie qui vient du mot grec "Therapeia" soin, cure. J’attire l’attention sur une chose " la zoothérapie ne guérit pas". La zoothérapie n’est pas une médecine.

La meilleure définition du mot zoothérapie est la suivante.
Médiation qui s'exerce en individuelle ou en groupe à l'aide d'un animal familier, consciencieusement sélectionné et éduqué, sous la responsabilité d’un professionnel de la santé, du social ou de l'enseignement spécialisé et dans l'environnement immédiat de personnes chez qui l'on recherche à éveiller des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif.

Introduction
La zoothérapie attire actuellement une multitude de personnes désireuses de la pratiquer. L'idée qu'elles s'en font varie avec leur formation conventionnelle, leur expérience professionnelle, leur rapport personnel aux animaux et les objectifs qu'elles poursuivent, qu'ils soient liés au travail, aux loisirs ou à une implication bénévole. Si la présence des animaux est reconnue pour avoir des effets positifs sur la santé humaine, il y est important d'apporter quelques différenciations sur les principales formes que peut prendre leur contribution. L'exercice de la médiation animale par la zoothérapie en milieu institutionnel demande l'observation de règles élémentaires de prudence, d'éthique et de sécurité. C'est pourquoi la construction de programmes en zoothérapie exige à la fois une connaissance du comportement animal et celle des problèmes vécus par les personnes alliées à une créativité qui doit sans cesse se renouveler.

Comprendre la différence entre la médiation animale par la zoothérapie et l'animation avec l'aide d'un chien.
Ce que l'on appelle plus communément l'A.A.A. ou chien visiteur se pratique surtout dans le domaine des personnes âgées. C'est avant tout de l'animation, du jeu, de l'occupationnel où le chien est le centre du jeu. Il n'y a aucune recherche de thérapie. Aucune analyse. Pratiqué la plupart du temps par des bénévoles.

La médiation animale par la zoothérapie, c'est tout le contraire.
Utilisée comme auxiliaire aux thérapies conventionnelles, elle devient une technique d'intervention faisant appel à l'animal en lui faisant jouer le rôle d'intermédiaire donc de médiateur entre le professionnel et la personne dans le besoin. Son champ d'action est des plus vastes. On l'utilise auprès des personnes âgées,  auprès des personnes handicapées physiques ou mentales,  auprès des personnes malades mentales, auprès des jeunes défavorisés,  pour la délinquance juvénile, pour les détenus adultes en milieu carcéral ainsi que pour les jeunes en institution fermée, auprès des personnes esseulées, auprès des enfants en milieu hospitalier, les enfants en échec scolaire, des personnes souffrant de troubles psychologiques, etc. Les animaux impliqués dans toutes ces activités rencontrent des normes préétablies de santé, de comportement et d’éducation.


La médiation animale par la zoothérapie telle que défini par l'Institut Français de Zoothérapie
.

C'est avant tout un projet d'établissement passant par la volonté de la direction. Après une analyse des patients et de leurs pathologies, c'est la mise en place d'un programme par le professionnel de la santé ou du social qui a été formé par IFZ à cet effet. Chaque programme est développé en concertation avec l'équipe soignante. Il y a impérativement un suivi, une mise en place d'échelles d'évaluations, des synthèses et une recherche scientifique tout au long des ateliers de médiation animale.


Petit rappel
L'enthousiasme actuel pour la zoothérapie trouve principalement son origine aux États Unis dans les travaux de Boris Levinson. À la fin des années 50, ce psychologue américain fut le premier à décrire le rôle de catalyseur social que peut jouer l'animal. Selon lui, les animaux sont particulièrement utiles pour les personnes qui sont à des stades plus vulnérables de la vie (maladie, perte d'autonomie.) Par exemple, chez une personne âgée, l'animal peut servir de soutien émotionnel dans la vie alors que le monde externe est en transition. (Deuil de membres de la famille ou d'amis, perte des responsabilités économiques, changement des rôles sociaux.) Levinson a été un des premiers à intégrer l'animal dans des séances de thérapie et à se servir de celui-ci comme outil thérapeutique complémentaire. Par la suite, l'usage s'est répandu et on a vu progressivement entrer les animaux dans les centres d'hébergement, les centres de réadaptation et les autres établissements de santé.

Une alliance fructueuse
Les animaux revêtent une grande importance dans la vie de beaucoup de personnes. Les études s'accordent pour dire que, toutes espèces confondues, plus de 50% des gens, possèdent un animal à la maison. Pour beaucoup, l'animal de compagnie occupe un statut particulier. En effet, la majorité des personnes propriétaires d'un animal considèrent ce dernier comme un membre de la famille.

Pourquoi la présence d'un animal est-elle si importante pour tant de gens ? On croit que la relation homme/animal correspond adéquatement aux besoins psychosociaux de la personne en ce sens qu'elle rejoint de nombreux aspects de la vie humaine. L'ordre et le contrôle sur sa vie, « s'occuper de l'animal » Les rapports interpersonnels « compagnonnage » La connaissance et la compréhension de l'environnement « les cycles de la vie » Le rôle social « être le maître de l'animal » et l'activité physique, jeux, promenades. Cet effet positif de la présence animale a souvent pour conséquence de contribuer à l'augmentation de
<l'estime de soi.>

Il faut cependant spécifier que l'attrait envers les animaux varie d'une personne à l'autre. La façon dont un individu peut potentiellement bénéficier de la présence d'un animal est fonction de la perception ou de l'attachement qu'il en a.

Les effets positifs de la possession des animaux seraient plus facilement perceptibles lorsque la personne vit une période de stress. Ainsi, l'attachement à un animal familier serait relié de façon positive à la santé des personnes âgées lorsque celles-ci ne bénéficient pas d'un réseau social adéquat.

Des personnes vivant un deuil et n'ayant pas de confident présenteraient moins de signes de dépression quand elles possèdent un animal familier et qu’elles y sont attachées. Des études mentionnent que l'animal peut procurer un soutien lors de périodes de fortes inquiétudes. Ainsi, on observe un nombre significativement moins élevé de visites chez le médecin par les personnes âgées qui possèdent un chien. En fin, le compagnonnage des animaux peut aider à réduire la dépendance aux médicaments.  

@La formation en zoothérapie est une spécialisation pour tout le personnel de la santé, de social ou de l'enseignement spécialisé.

L'animal, un médiateur polyvalent.

Les exemples du recours à l'animal dans un contexte thérapeutique sont nombreux.
On peut penser aux programmes d'équithérapie où le cheval est utilisé pour développer la coordination, la force musculaire et l'équilibre de personnes handicapées physiquement. Ces usages sont très intéressants mais demandent de l'espace à cause des difficultés à leur réalisation. En milieu urbain, les facilités de transport, d'adaptation et de manipulation du chien et du chat en font les favoris pour le travail en médiation.

On peut utiliser l'animal auprès de personnes aux prises avec des problèmes divers. La liste suivante n'est pas exhaustive, mais veut simplement illustrer la diversité de ces domaines où la zoothérapie peut compléter les interventions traditionnelles. Problèmes d'apprentissage, troubles de la personnalité, problèmes de comportement, déficits cognitifs, retards de développement, problèmes relationnels, solitude et dépression, problèmes d'attention et de concentration, déficience intellectuelle, isolement, manque de stimulation sensorielle et retrait, accueil et intégration lors de l'hébergement, réadaptation physique, délinquance, faible estime de soi, violence…

Il existe des situations où l'on a recours à l'animal afin de pallier à des déficits ou à des handicaps physiques. Les chiens guides d’aveugles et les chiens d'assistance aux personnes en fauteuil roulant sont probablement les plus connus. Le but recherché est de procurer aux personnes une plus grande autonomie. Cependant, pour ma part, l'avantage le plus important serait peut-être de favoriser les interactions sociales de ces personnes et leur acceptation dans la société. Souvent, les gens ne savent pas comment réagir face à une personne handicapée. Ils évitent ainsi les interactions ou, demeurent distants émotionnellement. La présence du chien médiateur normalise les contacts sociaux et aide à éviter l'isolement social.

Des bénéfices multiples
Peu importe la nature, la fréquence et la durée d'un programme d'activités de zoothérapie, l'animal s'avère un outil précieux. D'abord et avant tout parce qu'il constitue un stimulus simple, connu de tous. Il n'exige aucune compétence particulière de la part du client et ne l'oblige à aucune performance. Il peut servir de dérivatif à l'anxiété d'une personne face à un intervenant inconnu ou impressionnant. En effet, les personnes accompagnées d'un animal sont perçues comme plus amicales et plus accessibles que les autres.

Le contact avec l'animal est apaisant. Il est une source d'affection inconditionnelle, sans égard au comportement ou à l'apparence physique des personnes. Flatter un animal peut être réconfortant. Cela peut aider à calmer une peine mais aussi à favoriser le jeu et les rires. Cet état ludique apporte plaisir, spontanéité et changement de la réalité quotidienne des personnes éprouvant des dysfonctions cognitives, psychologiques ou physiques.

L'animal peut tantôt agir comme source de stimulation tantôt servir d'agent de renforcement lors de l'accomplissement de certaines tâches, par exemple lors d'exercices de réadaptation physique. On note que les personnes qui possèdent un chien de taille moyenne sont, de manière générale, plus actives. Cette augmentation de l'activité a des effets positifs sur
le système cardio-vasculaire.

En plus d'améliorer la qualité de vie générale des personnes visitées, un intervenant zoothérapeute pourra dans beaucoup de situations élaborer des activités de zoothérapie de façon à augmenter le sens des responsabilités. Tel que le toilettage, les soins, l’entretien d’un animal.

Dans les établissements de santé, l'animal peut agir comme médiateur social, au sens où il favorise la conversation et les interactions entre les résidants en procurant des sujets de conversation neutres et non menaçants. Il permet l'instauration rapide d'un contact chaleureux et l'augmentation du nombre et de la qualité des interactions entre les résidants, leur
famille et le personnel.

Des éléments d'explication
Comment la relation homme/animal se développe-t-elle ? Pourquoi est-elle significative pour l'humain ?
Plusieurs tentatives d'explication ont été avancées. Cependant, jusqu'à ce jour, les théories voulant expliquer le fonctionnement de la relation homme/animal sont incomplètes. On ne sait pas vraiment pourquoi certaines personnes aiment et recherchent la présence des animaux alors que d'autres sont indifférentes ou ne les aiment pas.

Il fut un temps où l’animal et l’homme étaient solidaires dans les tâches. Cela voulait dire qu’ils s’étaient rendus indispensables l’un envers l’autre.

Exemple : dans les travaux des champs (le bœuf, le cheval, l’éléphant, le dromadaire, le mulet) dans le transport des personnes ou dans la migration des peuples (chameaux, rennes, éléphants, chiens de traîneau) dans le transport de matériels et d’habitation lors des migrations (rennes, chiens de traîneau, chameaux, ânes.)
On retrouve aussi cette alliance entre l’homme et l’animal dans la chasse (les chiens, les chevaux, le faucon, le chien polaire) dans les secours (chiens d’avalanches, chiens de catastrophe) dans les services (chiens de dépistage, le chien de drogue, recherche d’une personne perdue) dans l’assistance (les chiens d’aveugle, les chiens pour les personnes handicapées physiques, chiens pour mal entendant.)

 N'oublions pas que la zoothérapie est multidisciplinaire et englobe des domaines tels que la psychiatrie, la psychologie,
la gérontologie, le comportement animal. Il ne faut donc pas s'étonner que chacun y donne ses propres explications. Explications qui ne sont pas toujours en accord entre les différentes parties concernées. C'est pourquoi, l'un des rôles de l
’Organisation Scientifique Internationale sur les Développements et les Recherches en Zoothérapie, est d'unifier les recherches, les analyses, les évaluations et de les synthétiser afin de les divulguer sur ce portail.

On peut se demander pourquoi tant de gens apprécient le contact avec les animaux.
Pourquoi sont-ils portés à flatter l'animal et en quoi cette action est-elle si agréable ?
On sait que le toucher est extrêmement important chez l'être humain. Par exemple, une personne qui est touchée physiquement alors qu'on lui demande quelque chose est plus susceptible d'acquiescer qu'une personne qui ne l'est pas. On trouve une preuve supplémentaire de l'apport positif du toucher dans la diminution de la pression sanguine et du rythme cardiaque des personnes qui flattent un animal. Malheureusement, notre société actuelle permet de moins en moins l'expression de ce besoin de contacts physiques. Les personnes placées dans les établissements de santé sont encore plus que toutes autres privées de contacts physiques chaleureux. "Le recours à l'animal dans un contexte thérapeutique et éducatif peut servir à pallier ce manque de chaleur humaine. " Prendre soin d'un animal ainsi que le caresser, peut aider à la formation de liens émotionnels. De tels liens sont essentiels au développement humain normal.

Le zoothérapeute
Formé professionnellement par l’Institut Français de Zoothérapie, le zoothérapeute intervient auprès de gens ayant des difficultés d'ordre psychologique ou physique en utilisant le contact avec des animaux en vue de leur apporter de l'aide, d'améliorer leur fonctionnement, de favoriser leur adaptation et de briser leur isolement. À cette fin, il tente de développer la dextérité perdue, de favoriser la détente et de créer une relation de confiance propice à les aider. Il veille à être attentif aux attitudes et aux comportements de la personne afin de l'aider à développer ses capacités mentales ou physiques de même qu'à s'exprimer.

Planification d'un programme de zoothérapie
La mise en œuvre et l’exécution réussies d’un programme de zoothérapie exigent une préparation attentive de la part de tous les intervenants. Le succès de chaque programme dépend toutefois de l’enthousiasme avec lequel il est mis en œuvre par le zoothérapeute et l’établissement en question.
Le succès et la durabilité d’un programme dépendent de cinq éléments clés :
* Planification
* Surveillance
* Personnes clés
* Importance de tenir compte du bien être de tous les intéressés
* Bons sens et attentes réalistes

Programmes – Évaluation - Tests de contrôle - Sondage
La réussite d'un programme c'est le suivi. Nous préconisons  de travailler avec les échelles d'évaluation que nous avons mis au point. A savoir :
* Des échelles d'évaluations,
* Des tests de contrôle,
* Des échelles de rapports d'activités
* Des programmations de sondages.

Autres importances pour la réussite d'un programme :
C'est la durée.  On ne peut pas prétendre faire quelques séances de zoothérapie et apporter un bien être en profondeur.
Tout d'abord, cela dépend de la population dans le besoin avec qui l'on travaille. Mais c'est au minimum un programme d'une année avec un rythme de trois à quatre fois par semaine.
L'Institut Français de Zoothérapie développe dans son Centre de Zoothérapie des méthodes et des programmes avec la médiation animal notamment pour des enfants trisomiques et autistes.

La zoothérapie, une activité qui se prépare

Introduire un animal dans un hôpital, un établissement à caractère social ou un centre d’hébergement n’est pas comparable à la venue d’un chien ou tout autre animal familier dans une maison familiale. Dans un hôpital, l’introduction d’un chien ne dépend pas seulement d’une seule personne mais doit faire l’unanimité de bien des gens. Il peut y avoir divers raisons pour qu’un projet en zoothérapie ne puisse aboutir. Allergie aux poils, crainte, inquiétude. Mais cela n’est pas impossible. Il faut donc avant toute chose, sensibiliser les membres du personnel et pour commencer, il faut convaincre le directeur de l’établissement ou tout au moins le médecin chef du service avec qui vous envisagez de monter un projet. Il faut aussi convaincre les résidants, les parents des résidants. C’est le rôle du zoothérapeute et c’est sous sa responsabilité que le projet doit avancer.

Éducation du chien
Chose extrêmement importante, le chien doit être éduqué au préalable, puis, il doit passer un examen de comportement  canin pour la zoothérapie. L’Institut Français de Zoothérapie a mis au point une grille d’évaluation pour donner une accréditation au futur chien thérapeute.

Le rôle du vétérinaire

C’est d'établir un carnet de santé de chaque animal qui travaille sur un programme de zoothérapie. Vaccins des principales maladies, vermifugé minimum deux fois par an. N'oublions pas, le vétérinaire est le médecin des animaux. Il peut prévenir de certaines maladies qui peuvent guetter l’animal. Le vétérinaire a aussi le rôle de pouvoir contrôler les lieux ou locaux d’élevage. Dans le cadre de la zoothérapie, une bonne relation avec un vétérinaire est nécessaire, même obligatoire. Tout programme et projet où l’animal est en relation avec une population de personnes qui sont dans le besoin, il faut impérativement travailler avec un service vétérinaire.

Conclusion
Pour conclure ce chapitre, il faut savoir que la zoothérapie, ce n'est pas juste aller faire de l'animation avec un chien dans différents lieux. La zoothérapie telle que l'Institut Français de Zoothérapie le conçoit c'est un travail d'équipe mené par le zoothérapeute. Ce sont des ateliers avec des thèmes, ce sont des lieux adaptés pour travailler en zoothérapie. C'est de
la recherche et du développement pour comprendre et améliorer le bien être des populations dans le besoin.
                                                                                                                                                                         
François Beiger
Psychanalyste en relations thérapeutiques <animal/humain>  pour la déficience mentale, personnes âgées, jeunes défavorisés, malades mentaux...
Zoothérapeute - Auteur/Conférencier - Fondateur d'IFZ 
Membre du GIRIH (Groupe International Interdisciplinaire de Recherche sur le handicap)
Membre de l'OSIDRZ (Organisation Scientifique Internationale sur les Développement et les Recherches en Zoothérapie)

Président de la Fondation pour la Trisomie au Canada
Président de Handicap Rêves Défis Jeunesse

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